Texte de Christiane Laforge


lu à la présentation de Céline Gagnon


au Gala de l'Ordre du Bleuet, le 14 juin 2019



Née à Jonquière le 18 janvier 1942, Céline Gagnon a hérité de ses parents la conviction que l’instruction est le garant d’une vie épanouie au travail comme dans la famille. Son père, Samuel Gagnon de Chambord, épouse Marguerite Potvin de Saint-Félicien en 1941, quittant le Lac pour le Saguenay et y fonder sa famille. D’abord foreur pour dynamitage, Samuel, victime d’une blessure à l’œil, devient employé à la Commission des liqueurs, aujourd’hui Société des alcools du Québec. Sa mère, femme au foyer ainsi que le voulaient la tradition de l’époque, met tout en œuvre pour assurer à ses quatre filles et deux fils l’accès aux études supérieures, bien déterminée à ce que chacun puisse réaliser ses rêves. Rêves souvent limités pour les femmes à trois choix de carrière : secrétaire, infirmière ou professeur. Céline opte pour l’enseignement.

À 18 ans, elle enseigne à la Commission scolaire de la Jonquière. Huit ans plus tard, elle devient directrice des ressources humaines et directrice adjointe du Centre d’éducation des adultes. Elle se passionne pour le Droit du travail, au point de songer sérieusement à suivre des cours en ce domaine. En 1991, elle s’inscrit à l’Université Laval pour y entreprendre un baccalauréat au rythme d’une journée par semaine. Avec la permission de la Commission scolaire, elle reprend les heures d’absence les fins de semaine, menant ainsi de front ses tâches de directrice et d’étudiante jusqu’à l’heure de sa retraite.

Retraite? Pas vraiment, car, après avoir réussi son stage auprès de Me Barbara Maltais, désormais membre du Barreau, elle est officiellement avocate le 8 janvier 1995, pratiquant le droit du travail, le droit de la famille, le droit civil et le droit des affaires jusqu’en 2017.

Enfin la retraite! Que non pas. Depuis ses 18 ans, Céline Gagnon n’a cessé de consacrer son enthousiasme et son énergie à différents organismes culturels. Membre de plusieurs conseils d’administration, dont elle a souvent été la présidente, voilà 59 ans qu’elle contribue à aider les artistes dans leurs démarches, qu’ils soient musiciens, peintres, comédiens, écrivains, mettant ses expériences en éducation et en droit au service de ces nombreux bénévoles qui assurent la survie d’organismes et institutions culturelles du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Céline Gagnon est la femme rocher au milieu des rapides. L’eau qui s’y heurte se divise en nombreux ruisselets, comme des ramures aux arbres, multipliant les voies d’une vie artistique féconde. Elle est la femme pilier, sur laquelle reposent de nombreuses initiatives. Sa prédilection pour la musique origine des concerts de musique que les Sœurs du Bon-Pasteur présentaient au secondaire. À peine commence-t-elle à travailler, elle achète sa première carte des Jeunesses musicales du Canada. Très vite, elle se joint à l’équipe de bénévoles de cet organisme.

Son amie, l’artiste peintre Nicole Tremblay, ainsi que son enseignante en éducation familiale, Françoise Boudreault, contribuent à la sensibiliser au monde des arts. Pierrette Gaudreault, fondatrice de l’Institut des Arts ne tarde pas à la recruter. Les humbles tâches de service, lors des activités-bénéfices, sont les premiers pas vers un engagement plus important qui ne se démentira jamais.

Aux Jeunesses musicales du Canada à Jonquière, Mme Gagnon assumera toutes les fonctions du conseil d’administration, de secrétaire à présidente, de représentante des Centres au Comité Vie du mouvement pour le mouvement national. En 1999 elle préside le Comité mis en place pour organiser le Congrès des Jeunesses musicales internationales, réunissant plus de 200 représentants d’une vingtaine de pays provenant de l’Europe, de l’Asie, de l’Amérique du Sud, ainsi que du Québec et de l’Ontario. Jonquière se retrouve ainsi la ville hôtesse de la tournée canadienne de l’Orchestre Mondial.

Pendant 20 ans, Mme Gagnon siège au conseil d’administration du Camp musical de Métabetchouan, dont 2 ans comme présidente. Sollicitée par le Centre culturel du Mont-Jacob de Jonquière, elle se retrouve en première ligne pour défendre les projets d’agrandissement du Centre national d’exposition et autres rénovations. Son amour de l’histoire et des arts et sa présence assidue aux assemblées générales l’amènent au conseil d’administration de la Pulperie de Chicoutimi/Musée régional. Fervente spectatrice des Opérettes du Carnaval-Souvenir de Chicoutimi, elle ne résiste pas à l’appel de la Société d’art lyrique du Royaume.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean est dans l’ADN de cette femme engagée. Si Jonquière est son port d’attache, c’est un lac et un fjord qui coulent dans ses veines, très fière, dit-elle de ce pays. Ajoutant : « où j’ai vécu, où j’ai travaillé et bien modestement contribué à son développement. »

Modestement? Certes non. Exceptionnellement est le mot juste.


Le 14 juin 2019


Céline Gagnon

Pour son engagement et sa contribution exceptionnels

à l’égard des Jeunesses musicales et autres organismes culturels du SLSJ

fut reçue

Membre de l’Ordre du Bleuet


vendredi 29 novembre 2019

Céline Gagnon sur vidéo au 10e Gala honorifique de l'Ordre du Bleuet

Quelques minutes pour se souvenir
d'une personne d'exception 

CÉLINE GAGNON



Membre de l'Ordre du Bleuet,

le 14 juin 2019
Céline Gagnon
a reçu son certificat d'honneur des mains de son parrain d'honneur,  

Marc-Yves Leclerc, mécène. 


Texte : Christiane Laforge
Lecteur : Marc Bergeron
Technicien du son : Gilles Chamberland
Metteur en lecture : Daniel Jean
Montage du diaporama : Ariel Laforge


Avec la collaboration de Radio-Canada pour l'enregistrement de la narration.


Céline Gagnon et Marc-Yves Leclerc






        

POURQUOI L'ORDRE DU BLEUET

L'intensité et la qualité de la vie culturelle et artistique au Saguenay-Lac-Saint-Jean est reconnue bien au-delà de nos frontières. Nos artistes, par leur talent, sont devenus les ambassadeurs d'une terre féconde où cohabitent avec succès toutes les disciplines artistiques. Cet extraordinaire héritage nous le devons à de nombreuses personnes qui ont contribué à l'éclosion, à la formation et au rayonnement de nos artistes et créateurs. La Société de l'Ordre du Bleuet a été fondée pour leurs rendre hommage.La grandeur d'une société se mesure par la diversité et la qualité de ses institutions culturelles. Mais et surtout par sa volonté à reconnaître l'excellence du parcours de ceux et celles qui en sont issus.